der Himmel über Berlin/le ciel au-dessus de berlin

Der Himmel über Berlin

Clin d’oeuil au merveilleux film de Wim Wenders, aux images oniriques d’un Berlin vu du ciel. Aujourd’hui, le ciel est bleu au-dessus de Berlin et l’air étonnamment doux pour la saison. La météo est-elle aussi printanière  dans  les écoles de musique ? Avec 52401 élèves (1,5% de la population) , une procédure d’inscription « au fil de l’eau » ( il est possible de s’inscrire à tout moment de l’année ), le succès des écoles de musique berlinoises est indéniable et plusieurs facteurs pédagogiques concourent à ce résultat, parmi lesquels : la qualité de la formation initiale et continue des professeurs (voir à ce sujet l’offre de laLandesmusikakademie),  l’importance de l’éducation musicale des jeunes enfants (dés deux ans!), les coopérations multiples avec les institutions éducatives et sociales (crèches, établissements primaires et secondaires, maisons intergénérationnelles), l’adaptation à la demande avec des offres ciblées ( pas de cursus unique, mais libre choix en fonction des motivations, allant du cours d’instrument unique à la préparation de concours de jeunes ou à l’entrée des écoles supérieures) et une pédagogie tournée vers la réalisation de projets artistiques ( 5416 manifestations en 2012). Ce diagnostic serait incomplet sans le role orienteur du Verband deutscher Musikschulen (association des écoles de musique allemandes) auquel les écoles de musique sont affiliées, et  qui fixe les programmes d’etudes.

Le paragrahe 124 de la loi berlinsoise stipule que les cours doivent etre confiés à des professeurs ayant une qualification pédagogique et détenteurs d’un diplome de fin de formation supérieure (à l’Universität der Künste, ou UdK, la durée des études de pédagogie musicale étant jusqu’à présent de huit semestres). Les missions des professeurs libéraux donnant droit à rémunération sont précisément décrites : le cours  de musique proprement dit (individuel, de groupe ou collectif), les manifestations (auditions d’élèves, concerts et spectacles de danse ou de théâtre), les examens (seulement pour les groupes concernés : enfants doués, section préparatoire aux études supérieures, validation de niveau), les taches annexes (participation à des groupes de travail, des conférences spécialisées, vérification des instruments, entretiens de conseil, encadrement de répétitions, concours, artistes invités).

Si les statuts différent de ceux en vigueur à la ville de Paris ou l’on trouve des professeurs ou assistants titulaires ou contractuels, les situations convergent en ce qui concerne les enseignants vacataires. A Berlin, environ 90% du corps professoral est composé de freie Mitarbeiter, professeurs libéraux, assimilables aux vacataires des conservatoires parisiens. Ils sont, comme leurs homologues parisiens, rémunérés sous forme d’honoraires et ne perçoivent pas de rémunération pendant les vacances (13 semaines) et les jours fériés.

Avec une récente réforme des contrats, le ciel s’est assombri au dessus des écoles de musique de Berlin : auparavant, la rémunération était forfaitaire et constante sur l’année, avant que le calcul de la rémunération ne se fasse que sur les heures effectuées, comme cela se pratique pour les professeurs vacataires parisiens. Selon le Morgenpost, les professeurs des conservatoires auraient subi une perte de salaire de 3,2%.  Si le renouvellement des contrats a donné lieu à un mouvement de protestation des professeurs, ceux-ci ont néanmoins signé les nouveaux contrats. « Nous nous sentons contraints car nous n’avons pas d’autre choix » témoigne une enseignante. Une autre se plaint du manque de reconnaissance d’un métier qui n#a plus rien à voir avec une succession de cours individuels :  « Partout il est répété combien la musique est importante pour le développement de l’enfant, mais notre travail n’est pas reconnu. »

La musique n'est pas un luxe. Tous les hommes ont besoin de musique.

La musique n’est pas un luxe. Tous les hommes ont besoin de musique.

Dans un souci de transparence démocratique, la ville de Berlin publie une étude comparative des coûts des  services publics aux habitants de chaque arrondissement : « Was kostet…… eine Stunde Musikunterricht in einer Musikschule ? ». L’heure de cours en école de musique aura  ainsi couté en moyenne 46€ en 2013. Sachant que les cotisations des familles couvrent déjà environ 50% des dépenses, l’on comprend que les dépenses de personnel soient la variable d’ajustement et que le recours aux professeurs libéraux soit devenu la règle. Un coin de ciel bleu toutefois,  avec la création de Feststelle (équivalent de nos CDI) dans le cadre du plan spécial de coopération avec l’école.

Etre attentif aux écoles de musique ?

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